VELD. conçoit un modèle d’habitat flexible pour Roubaix
Avec 205 logements dans le nouveau quartier de L’Union, le cabinet bruxellois VELD. architecten explore la manière dont le logement collectif peut s’adapter à l’évolution des modes de vie. Ce n’est pas la complexité technologique, mais bien la flexibilité spatiale, la construction « low-tech » et la qualité d’usage qui sont au cœur de ce projet.
Comment concevoir des logements pour des habitants dont il est impossible de prédire les besoins futurs ? Cette question est au cœur de « Habiter demain », un projet résidentiel situé sur les parcelles PL5 et PL6 du quartier L’Union à Roubaix. Le projet de VELD. architecten, en collaboration notamment avec PALAST et l’architecte paysagiste Leblanc Venacque, a été retenu à l’issue d’un dialogue compétitif axé sur l’habitat collectif innovant. Le programme comprend 205 logements sur un terrain de plus d’un hectare.
La flexibilité plutôt que la prédiction
Le cœur du concept réside dans l’adaptabilité des logements. Les pièces humides et les gaines techniques sont regroupées autant que possible dans une zone fixe à l’arrière du plan. Ainsi, le reste de la surface habitable reste librement aménageable et les logements peuvent être plus facilement adaptés, voire jumelés, lorsque la composition du foyer évolue. Les différents types de logements – des appartements aux duplex en passant par les penthouses – disposent en outre d’un balcon, d’une loggia, d’une terrasse ou d’un jardin. Dans 96 % des logements, une double orientation assure un éclairage naturel et une ventilation naturelle.
Cette flexibilité s’étend aux parties communes. Ainsi, un espace de rencontre commun et un atelier de bricolage sont notamment prévus, aux côtés d’espaces dont les futurs occupants pourront eux-mêmes déterminer l’utilisation. Les concepteurs ne considèrent donc pas le bâtiment comme un produit fini, mais comme une structure qui doit pouvoir s’adapter à l’usage et au changement.
Entre les immeubles d’habitation se crée un espace intérieur à circulation automobile réduite, offrant beaucoup de place pour la verdure, les piétons et les rencontres
Le parking trouve lui aussi une seconde vie
Il est frappant de constater que même les infrastructures de stationnement anticipent le changement. Le parking compte 126 places et bénéficiera en partie d’une hauteur libre de 5,80 mètres. Cela permettra de transformer ultérieurement certaines de ses parties en espaces commerciaux dotés d’une mezzanine. Un avenir avec moins de voitures ne doit donc pas nécessairement entraîner la création d’espaces résiduels difficiles à réutiliser.
La hauteur des bâtiments va de R+2 à R+10 maximum et ceux-ci seront aménagés de manière à ce que la zone intérieure puisse rester entièrement piétonne. En organisant le stationnement principalement côté rue, 45 % de pleine terre et le parc adjacent peut se prolonger dans le quartier résidentiel.
La « low-tech » comme forme d’innovation
Sur le plan technique également, « Habiter demain » privilégie l’innovation par la simplicité plutôt que par une accumulation d’installations. Le projet combine notamment du béton à faible empreinte carbone avec des charpentes en bois, la récupération des eaux de pluie et le raccordement au réseau de chauffage urbain. Pour les parties communes, il est en outre prévu de réutiliser, entre autres, l’éclairage, les sanitaires et les goulottes de câbles.
Le projet concrétise ainsi une approche conceptuelle intéressante : l’habitat durable ne nécessite pas nécessairement de prédire comment nous vivrons dans trente ans. Il est peut-être plus important de construire des bâtiments suffisamment robustes et flexibles pour permettre justement l’imprévu.
Source: Ville Renouvelée, VELD.