L'ADEB PRÉSENTE LA NOUVELLE LISTE STANDARD DES TÂCHES
CETTE LISTE DES TÂCHES DOIT FLUIDIFIER LA COLLABORATION DES ÉQUIPES DE CONSTRUCTION
L'Association des Entrepreneurs Belges (ADEB-VBA) a élaboré une Liste Standard des Tâches en collaboration avec le G30, l'ORI et l'UPSI. Désormais, toutes les parties impliquées dans un projet de construction peuvent recourir à cette liste, qui vise à les aider à la conception, au processus d'autorisation et à la réalisation de bâtiments. L'ADEB a officiellement présenté la Liste Standard des Tâches lors du séminaire ‘Collaborate to Succeed’, organisé pour et avec les représentants de bureaux d'étude, bureaux d'architectes et promoteurs immobiliers. Depuis, elle peut être téléchargée gratuitement sur le site de l'ADEB-VBA.
Le coût de défaillance est encore trop élevé
Wim Straetmans, Executive Director de Kairos et Director de BAM Belgium, fait partie des créateurs de la Liste Standard des Tâches. Son ambition était d'améliorer le secteur de la construction, car il a l'impression que celui-ci n'a pas toujours très bonne réputation. “Lorsque j'étais président du Technical Board de l'ADEB, nous avons organisé un séminaire il y a quelques années. Nous avons alors demandé aux participants à combien s'élève selon eux le coût de défaillance dans le secteur du bâtiment. 52% pensaient qu'il est supérieur à 5%. C'est beaucoup! Plus de la moitié ont l'impression que nous gaspillons de l'argent dans le secteur du bâtiment.
Il est encore plus important d'en connaître la cause. Alors, nous avons posé la question. 74% ont répondu que le problème se situe dans la culture de l'entreprise. Notre défaillance réside dans la manière de travailler au sein de l'équipe de construction, le manque de connaissance et le manque d'une bonne organisation, tant au sein de l'entreprise que sur le chantier. Sur la base de ces défaillances, nous avons ressenti le besoin d'un fil conducteur, une liste reprenant toutes les tâches et l'exécutant correspondant. Avec la Liste Standard des Tâches, nous voulons que les équipes de construction fassent du meilleur travail.”
Processus de participation
La pratique montre que les chances de réussite des projets de construction sont toujours très faibles, comme le confirme Luc Hellemans, CEO de la Beheersmaatschappij Antwerpen Mobiel (BAM) et maître d'ouvrage de la liaison Oosterweel. “Une étude révèle qu'un tiers des gros projets de construction ne sont jamais construits. Ils restent sur papier, relégués dans une armoire. Je parle d'expérience, j'ai travaillé sur des projets qui ont débuté dans les années 60 et qui démarrent seulement maintenant. Un deuxième tiers des projets font un fiasco financier. Mais aussi un fiasco humain en termes de burn-outs. Heureusement, il y a aussi un tiers des projets que nous avons bouclés avec succès. Alors, quelle est la recette d'un projet de construction réussi? La réponse est simple: la collaboration. Mais dans la pratique, ce n'est pas aussi simple.”
A la BAM, nous misons beaucoup sur le processus de participation en impliquant toutes les parties prenantes dans le projet. “Chaque membre de l'équipe de construction doit comprendre quelle est sa place et quelles sont ses responsabilités, mais il faut aussi reconnaître un processus équitable. Chacun doit être entendu. Ce n'est pas évident d'implanter ce genre de culture dans des équipes de plus de 150 personnes et nous avons encore un long chemin à parcourir. Cherchons-nous les uns les autres et dialoguons avec respect. Si nous faisons ça, les possibilités seront infinies.”
AG Real Estate
Construisez une communauté
“Chez AG Real Estate aussi, nous croyons à une collaboration intensive”, ajoute Philippe Monserez, Chief Design et Build Officer chez AG Real Estate. “Nous croyons à un processus à améliorer en continu. Et cela commence toujours par une description claire du travail. Il est possible d'éviter un maximum de rework et de coûts si tout le monde établit très clairement au sein de l'équipe de construction ce qu'on attend de chacun. Nous travaillons déjà avec un administrateur qui est responsable de décrire chaque tâche de manière très détaillée. Mais ce n'est pas suffisant. Il faut aussi communiquer pendant le processus de construction. Et pas seulement en interne, mais aussi avec les entrepreneurs et le quartier. Ne restez pas assis à votre bureau, allez sur place et prévoyez des visites de chantier. Cherchez un objectif commun, fonctionnez en tant qu'équipe où les connaissances sont partagées. Construisez une communauté et faites-le avec enthousiasme et conviction. Il n'y a que comme ça qu'une collaboration peut être réussie.”
Trop grande fragmentation
Alexander D’Hooghe, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et intendant de la couverture du Ring d'Anvers, parle de la fragmentation du secteur de la construction. Selon lui, c'est elle qui rend la collaboration aussi difficile. “Nous fonctionnons avec de nombreuses parties différentes qui travaillent dans différentes phases du projet de construction. Chaque partie ou chaque entreprise a comme objectif premier un profit maximum, pas forcément la réalisation du projet. Le client aussi est fragmenté. Un donneur d'ordre peut se composer de nombreuses divisions qui ne communiquent peut-être pas entre elles et qui ne sont souvent pas au courant qu'il y a encore beaucoup de sous-clients en jeu. Le pouvoir est également fragmenté entre différentes branches: exécution, juridique, privé et public. Par conséquent, personne ne peut plus appuyer quoi que ce soit. Nous essayons de défragmenter en fournissant des définitions de projet intégrées, complétées par une théorie des jeux et une gestion du risque et en transposant tout ça dans le langage des autres parties prenantes. Car là aussi, il y a souvent des problèmes de communication. Le jargon de l'écologiste n'est pas le même que celui de l'architecte ou que le langage du citoyen. La communication est la clé pour que tout le monde se comprenne. En outre, nous intégrons notre client, nous fusionnons les processus de conception et de construction et nous nous améliorons chaque jour.”
Comment fonctionne la Liste Standard des Tâches?
La Liste Standard des Tâches a un caractère exclusivement organisationnel et opérationnel. Cet outil destiné aux équipes de construction aide à déterminer qui assure quelle tâche et à voir si un exécutant a bien été désigné pour chaque tâche citée. Les maîtres d'ouvrage peuvent aussi facilement ajouter des tâches qui ne figurent pas dans la liste. Une fois remplie, la liste peut facilement être reprise comme annexe à un contrat avec des clients privés ou publics.
Dans la matrice, les tâches sont listées verticalement par ligne et les exécutants potentiels des tâches sont complétés horizontalement par colonne. Les croix apposées par tâche dans une colonne donnée indiquent à qui reviendra la tâche en question. La concrétisation doit se faire en concertation avec les parties concernées avant que le contrat ne soit conclu. Il faut aussi que les tâches citées et le partie désignée comme exécutant correspondent aux accords conclus entre toutes les parties et leur client.
Le secteur privé soutient déjà l'utilisation de la Liste Standard des Tâches. L'ADEB est en train de convaincre les clients publics de miser au maximum sur l'utilisation de cette liste.