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27/10/2017 - TOM MONDELAERS

L'INSTALLATEUR NE DOIT PAS SE LAISSER FAIRE

Joost Demarest entrevoit des opportunites dans la complexite croissante des installations pour l'electricien

En raison de la réglementation sans cesse plus stricte en matière de consommation d'énergie et de ventilation, les budgets dans la construction sont sous pression. Un défi pour l'électricien mais d'après Joost Demarest de KNX Association, quand même surtout une opportunité. “Tout devient à ce point complexe qu'à la longue vous ne pouvez rien faire d'autre que d'intégrer les techniques au maximum. L'automatisation ne fera que gagner en importance. Il est grand temps que les installateurs le réalisent!"

L'UTILISATION DE LA DOMOTIQUE

Joost Demarest, traducteur d'entreprise de formation, possède plus de vingt ans d'expérience dans le monde de l'automatisation des maisons et bâtiments. “Fin des années 1990, j'ai reçu, après la fusion d'EIB, Batibus et EHS, les trois principaux standards pour l'automatisation des bâtiments, la responsabilité de KNX. En 2006, j'ai été nommé CTO et CFO de la KNX Association. Par ailleurs, je suis membre des comités de standardisation nationaux sur les smart homes/buildings et smart metering." Joost Demarest est le mieux placé pour dresser le bilan de plus de deux décennies d'automatisation des bâtiments. Où en sommes-nous avec l'utilisation de la domotique? “Je n'aime pas utiliser ce mot", entame-t-il. “En raison de la connotation trop négative chez beaucoup de gens. Je préfère parler d'automatisation des maisons et des bâtiments. Mais je dois alors constater, hélas, que c'est loin d'être un choix naturel. On recourt encore trop souvent à des solutions classiques, souvent parce que les avantages de l'automatisation sont encore trop méconnus ou qualifiés de complexes et inutiles. Chaque installateur ne considère pas l'automatisation comme la solution standard. Au contraire. La plupart des électriciens partent encore toujours d'une installation standard et ne proposeront l'automatisation que si leur client la demande. C'est décourageant, après vingt-cinq ans dans cette branche."

Un as dans l'incompatibilité

Demarest ne doit pas chercher loin les raisons de cette perception négative. “Il se fait que la domotique excelle toujours dans les incompatibilités, qui compliquent souvent fortement la combinaison de produits de différents fabricants: c'est un frein indéniable à la diffusion de l'automatisation des maisons et bâtiments. Je nomme cela des'solutions îlot'. Parfois des produits d'un seul et même fabricant ne sont même pas compatibles. Ne parlons pas alors de leur compatibilité avec d'autres marques. KNX fait l'inverse depuis des années. Nous garantissons la compatibilité de tous les produits de nos membres. Précisément parce que nous sommes convaincus que la clé est d'aboutir à une utilisation générale de la domotique."

Cheval de Troie

“Cela nous a coûté du sang, de la sueur et des larmes de montrer aux fabricants qu'un système ouvert n'est pas une porte d'entrée pour un cheval de Troie. De nombreux producteurs en ont une peur divine parce qu'ils pensent qu'ils sont ainsi comparables à d'autres fabricants et que leur marque s'affaissera comme un pudding. Le contraire est vrai. Je cite volontiers l'exemple de l'entreprise Basalte. Dès le début, ils ont résolument choisi un protocole ouvert. Ainsi, ils ne devaient pas proposer toute une gamme d'acteurs et de capteurs, et ils peuvent se concentrer à 100% sur leur métier de base: la conception et la production de commutateurs design. Cela leur a déjà procuré une jolie croissance."

L'attention pour les temps de récupération

“KNX n'est pas très connu de l'utilisateur final et dès lors très dépendant de l'installateur. Ils sont nos porte-parole. C'est à eux de sensibiliser les clients à l'automatisation. C'est possible de différentes manières. Par exemple en insistant sur le temps de récupération extrêmement court. Une étude scientifique relève que l'économie d'énergie grâce aux commande d'éclairage et autres oscille autour des 50%. Dans la construction résidentielle, le confort et la sécurité sont aussi d'importants arguments de vente. Ma femme estime par exemple que KNX est le summum parce que notre salle de bains est toujours agréablement chaude le matin. Et parce qu'elle sait que le chauffage se remet en mode éco après son départ."

CONSEQUENCES DE LA REGLEMENTATION PEB

Budgets de construction sous pression

Le fait est que les budgets dans la construction sont sous pression, en raison de la réglementation sans cesse plus stricte en matière de consommation d'énergie et de ventilation. Est-ce que ceci ne freine pas le choix de l'automatisation? “Au contraire", affirme Demarest. “Je pense que cette réglementation et la domotique vont peut-être de pair. Les installations sont de plus en plus complexes, y compris la ventilation, l'énergie renouvelable, le stockage de l'énergie, la gestion de l'énergie, la commande de l'éclairage naturel, … Tout devient si complexe qu'à la longue on ne peut rien faire d'autre qu'intégrer au maximum les techniques. L'automatisation ne fera que gagner en importance. Il est grand temps que les installateurs s'en rendent compte!"

Marché de la rénovation en croissance

Joost Demarest insiste sur deux percées dans la domotique de ces dernières années: la communication via IP et les applications sans fil. “Le protocole RF KNX sans fil est LA solution pour les ajouts à une installation existante, sans travaux de démolition. C'est aussi intéressant pour les endroits difficiles d'accès.Et surtout dans les habitations, vu que l'accès est assez aisé dans la plupart des immeubles de bureaux." Mais Demarest ne croit pas dans la domotique entièrement sans fil. “Certainement pas dans les grands bâtiments. Pourquoi? Très simple: le système câblé traditionnel avec câbles 'twisted pair' (UTP, réd.) est 100% fiable. Sa robustesse est si incroyable que le client peut toujours dormir sur ses deux oreilles. Mais si on monte quelque part un commutateur sans fil, il se peut parfaitement qu'il fonctionne bien aujourd'hui et soudain plus du tout demain, après avoir installé un appareil supplémentaire. Aussi la KNX Association voit encore la technologie RF avant tout comme complément d'une installation câblée."

Des opportunités se présentent

“L'automatisation des bâtiments offre un énorme éventail de possibilités aux installateurs qui veulent regarder plus loin que les installations électriques standard. Cela leur donne la possibilité d'étendre d'ores et déjà leur champ d'action à des domaines où l'électricien du futur devra en tout cas évoluer. Songez par exemple à l'accouplement de différents systèmes."

L'électricien devient intégrateur

Joost Demarest observe: “L'électricien devra évoluer en véritable intégrateur, avec des connaissances de l'IT, de la protection, du chauffage et du refroidissement, de la protection solaire, des compteurs intelligents, des sources d'énergie renouvelables, de la gestion de l'énergie, … Celui qui rate cette conversion se verra retirer le pain de la bouche avec la progression imparable de l'internet des choses. Et désolé de le dire mais l'installateur n'a aucune excuse s'il ne suit pas le mouvement. Il est en position optimale. Au final, il ne s'agit pas de la science des fusées. Parfois j'entends dire que tout devient bien trop complexe. Que l'installateur ne peut pas suivre. Non-sens absolu. Si je regarde KNX, c'est taillé sur mesure pour l'électricien. Grâce au logiciel adapté, il ne doit connaître qu'un seul programme pour piloter les produits de 400 membres-fabricants. Sans écrire une seule ligne de codes. La technologie existe mais ils doivent s'en saisir."